La matière
Une baguette de verre.
Du verre Effetre, fondu à Murano dans la lagune de Venise. La couleur n'est pas posée dessus : elle est dans la masse, d'un bout à l'autre.
Perles de verre de Murano, filées au chalumeau par Hélène dans une cabane face à la mer, au sud de la Corse.
La matière
Du verre Effetre, fondu à Murano dans la lagune de Venise. La couleur n'est pas posée dessus : elle est dans la masse, d'un bout à l'autre.
La flamme
« J'aime le moment où la baguette s'amollit et se met à couler comme du miel épais. »

Le mandrin
« On ne peut pas s'arrêter, on ne peut pas revenir en arrière, il faut tourner sans cesse pour que la gravité ne gagne pas. »
Le verre s'enroule autour d'une fine tige d'acier. Personne ne sculpte : c'est la rotation qui arrondit.

Le décor
Posé sur une surface qui bouge encore. Frittes, poudres, paillettes, feuille d'or : pour faire un décor, ou pour accrocher la lumière.
Le four
La perle redescend lentement. Cette étape ne se voit pas et ne se saute pas : c'est elle qui rend le verre solide pour des années.
Ça prend le temps que ça prend.
La perle
« Les couleurs que je pose sur mes perles, je les ai vues le matin sur le sable et dans la mer. »Hélène
« Toutes mes perles sont uniques. Rarement deux pareilles. Et faites avec passion. »
Hélène

Hélène
Ce qui l'a attrapée, c'est la transparence et la couleur. Un maître verrier de Douvaine, en Haute-Savoie, lui a montré la flamme pour la première fois. C'était il y a dix ans, et elle n'a plus arrêté.
Avant, elle peignait. À l'huile, en grands formats : la mer, les poissons, les reflets de la lune sur l'eau. Elle a exposé en Guadeloupe. Elle peint toujours. De cette vie-là, elle a gardé une chose qui lui sert tous les jours devant le chalumeau : l'usage de la couleur pure.
La peinture laisse revenir dessus le lendemain. Le verre, non. Une fois la baguette dans la flamme, la matière coule et il faut décider tout de suite.
Elle s'installe vers neuf heures et tient jusqu'à midi, avec une pause vers dix heures et demie. C'est le moment où la lumière est la meilleure dans l'atelier.
Pas de musique. « Les cigales sont ma musique préférée. Et quand elles ne chantent pas, c'est les oiseaux. »
Elle fond, façonne, recuit, assemble, emballe. Il n'y a pas de deuxième atelier, pas de sous-traitance, pas de perles achetées et remontées. Le catalogue reste court pour cette raison.
J'aime le moment où la baguette s'amollit et se met à couler comme du miel épais. On ne peut pas s'arrêter, on ne peut pas revenir en arrière. C'est la seule chose que je fais qui m'oblige à être entièrement là.
L'atelier
Ce qu'on entend
Le concentrateur d'oxygène, en fond. Le souffle du chalumeau. Les oiseaux, et les cigales quand c'est leur saison. Rien d'autre.
Pas de boutique ouverte au public. Si vous êtes en Corse et voulez voir travailler la flamme, écrivez : selon la période, une visite est parfois possible.
Le verre
Des tiges pleines, produites dans la lagune vénitienne. Hélène travaille essentiellement l'Effetre, l'une des verreries de Murano. La teinte est dans la masse : la lumière traverse et ressort de l'autre côté, plus dense là où le verre est épais, plus claire là où il est mince. Dix ans plus tard, la couleur est la même, parce qu'il n'y a pas de couche à user.
En 1291, Venise a repoussé ses fours sur l'île de Murano pour éloigner le risque d'incendie. Pendant des siècles, les verriers n'ont eu ni le droit d'exporter leurs recettes ni celui de quitter l'île. Ce huis clos a affiné des formules de couleur sur des générations.
Les verres de Murano destinés au chalumeau partagent aussi un même coefficient de dilatation : deux couleurs chauffées ensemble se rétractent au même rythme, et la perle ne se fend pas en refroidissant.
Sur les tubes, elles ne s'appellent pas « bleu » ni « rouge ».
Les rouges et les jaunes sont capricieux : s'ils restent trop longtemps dans la flamme, la couleur part. Celles qu'elle aime retrouver, ce sont les noires aux reflets irisés.
La marque collective Vetro Artistico® Murano est réservée aux objets fabriqués sur l'île elle-même. Ces pièces n'y ont pas droit et ne la revendiquent pas. Ce qui est garanti est plus étroit, et vérifiable : les baguettes sont produites dans la lagune, et le travail de la flamme est fait en Corse, par une seule personne.
Créations
Boucles d'oreilles, bracelets, colliers et parures. Et des objets qu'on ne cherche pas chez un bijoutier : bouchons, décapsuleurs, tire-bouchons, porte-clés, stylos. Chaque pièce est faite une fois. Celles-ci sont passées par l'atelier ; pour savoir ce qui est disponible, écrivez à Hélène.
« Avec le verre, la perfection n'existe pas. On ne maîtrise pas toujours ce que l'on veut faire — mais ça donne toujours de jolies choses. »
Une pièce vous plaît, vous cherchez un cadeau, vous passez en Corse et voudriez voir la flamme : écrivez. C'est elle qui répond, en général sous deux jours.
Ou directement : contact@danslesdunes.fr